En résumé : depuis le décret n° 2024-470 du 24 mai 2024, complété par l'arrêté du 19 février 2025, une infirmière diplômée d'État peut pratiquer l'épilation au laser et à la lumière pulsée à visée non thérapeutique, à condition de suivre une formation obligatoire. Le Conseil d'État a validé ce cadre en rejetant le recours contre le décret (décision du 12 mars 2026). Mais attention : l'Ordre des infirmiers encadre strictement cette pratique — nous détaillons ci-dessous ce que vous avez le droit de faire, et surtout ce que vous ne devez pas faire.

Ce que le décret autorise
Le décret n° 2024-470 du 24 mai 2024 a mis fin au monopole médical sur l'épilation au laser et à la lumière pulsée intense (IPL) à visée non thérapeutique. Trois catégories de professionnels peuvent désormais la pratiquer : les médecins, les infirmiers diplômés d'État, et les professionnels qualifiés en soins esthétiques (titulaires d'un CAP esthétique ou équivalent).
Attention à la distinction essentielle : seule l'épilation à visée non thérapeutique (esthétique) est concernée. L'épilation à visée thérapeutique et les actes de médecine esthétique restent réservés aux médecins. (Source : décret publié au Journal officiel, consultable sur Légifrance.)
La formation obligatoire (arrêté du 19 février 2025)
La pratique est conditionnée à une formation socle obligatoire, dont le contenu est défini par l'arrêté du 19 février 2025. C'est la seule formation du secteur dont le programme est fixé par arrêté ministériel — un gage de sérieux. Elle couvre notamment :
- Les bases de physique de la lumière et le fonctionnement des appareils laser / IPL
- La sécurité, la photoprotection et l'évaluation des phototypes de peau (échelle I à VI)
- L'identification des indications et contre-indications
- Les réglages, protocoles et la conduite à tenir en cas d'incident
- Une partie pratique encadrée (une demi-journée IPL et/ou deux journées laser)
L'attestation de formation est valable 5 ans et doit être affichée de façon visible dans l'établissement. Des mises à niveau régulières sont exigées.
⚠️ Les lignes rouges de l'Ordre des infirmiers
C'est le point que beaucoup ignorent — et qui peut coûter cher. Lors de sa séance des 19 et 20 juin 2025, le Conseil national de l'Ordre des infirmiers a adopté une position officielle qui encadre strictement cette activité. Voici ce que vous ne pouvez pas faire :
| Interdiction | Ce que dit l'Ordre |
|---|---|
| Le titre | Les mentions « infirmier esthétique » ou « infirmier lasériste » sont interdites : ce n'est pas une spécialité reconnue |
| La communication | Interdiction de faire la promotion commerciale de ces actes esthétiques auprès du public, et de mettre en avant votre statut de soignante pour les vendre |
| L'exclusivité | L'activité ne peut pas devenir l'objet exclusif de votre exercice : elle s'intègre à votre activité, sans la remplacer |
| Les locaux | Interdiction de partager les locaux avec des esthéticiennes ou professionnels non soumis à la déontologie infirmière |
| Le statut | L'exercice sous statut d'auto-entrepreneur n'est pas permis pour une activité nécessitant le diplôme d'infirmier |
Et une obligation spécifique aux infirmières : transmettre votre attestation de formation à votre Conseil départemental de l'Ordre avant de débuter l'activité. (Source : position ordinale de l'Ordre national des infirmiers, juin 2025.)
Ces règles ne sont pas là pour vous décourager, mais pour protéger votre profession — et vous. Des sanctions disciplinaires ont déjà été prononcées contre des infirmières ayant exercé hors de ce cadre. Bien accompagnée, cette activité est parfaitement légale et sécurisée : tout l'enjeu est de la structurer correctement dès le départ.
Se mettre en conformité : la check-list
Avant d'ouvrir, plusieurs points doivent être réunis : formation socle conforme + formation aux premiers secours, attestation affichée et transmise à l'Ordre, assurance adaptée aux actes esthétiques, fiche d'information remise et signée par la cliente, vérification des contre-indications, affichage des avertissements sur les risques, et maintenance tracée des appareils. Notre accompagnement vous fournit cette check-list pas à pas et vous aide à structurer votre activité dans le respect strict du cadre.
Points clés à retenir
- Le décret vise l'épilation esthétique, pas thérapeutique.
- Formation socle et attestation sont obligatoires.
- La déontologie de l'Ordre s'ajoute au décret.
- Une check-list de conformité s'impose avant d'ouvrir.
Pour aller plus loin, lisez aussi notre guide reconversion infirmière laser, ou découvrez directement notre programme complet.
La formation socle obligatoire
Concrètement, voici à quoi ressemble la formation exigée par le décret.
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Questions fréquentes
Une infirmière a-t-elle le droit de faire de l'épilation laser ?+
Oui. Depuis le décret n° 2024-470 du 24 mai 2024, une infirmière diplômée d'État peut pratiquer l'épilation au laser et à la lumière pulsée à visée non thérapeutique, à condition d'avoir suivi la formation obligatoire définie par l'arrêté du 19 février 2025, et de respecter les règles de l'Ordre des infirmiers.
La formation est-elle vraiment obligatoire ?+
Oui, sans exception. Pratiquer sans la formation socle conforme est illégal et expose à des sanctions disciplinaires, même si vous êtes infirmière diplômée.
Puis-je m'appeler « infirmière esthétique » ou « lasériste » ?+
Non. L'Ordre des infirmiers interdit ces titres : l'épilation laser n'est pas une spécialité infirmière reconnue. Vous ne pouvez pas non plus mettre en avant votre statut de soignante pour promouvoir ces actes esthétiques.
Puis-je exercer en auto-entrepreneur ?+
Non. Une activité qui nécessite le diplôme d'infirmier ne peut pas être exercée sous le statut d'auto-entrepreneur. Le choix du bon statut fait partie des points que nous étudions avec vous.
Faut-il prévenir l'Ordre ?+
Oui, l'attestation de formation doit être transmise à votre Conseil départemental de l'Ordre avant de débuter l'activité.